Lebadang – Relief

Du relief dans l’œuvre gravée de Lebadang

LEBADANG, "Gravure". Myshu Lebadang, Paris, France. Myshu Lebadang, Paris, France. Droits réservés.
Portrait de Lebadang à la presse. Droits réservés.

En 1958, Lebadang découvre la lithographie dans l’atelier Arts-Litho à Paris et fréquente l’atelier de Fernand Mourlot et celui de Jacques Desjobert. Il réalise en 1964 son premier portfolio en relief, sans couleurs ni encre, qui inaugure ses premières recherches sur la matière et les techniques de l’estampe. Dans les années 1970, il publie plusieurs portfolios et innove de nouvelles techniques : gravures-reliefs, gaufrages, eaux-fortes sur fond gaufré, lithographies sur double papier Japon, lithographies et reliefs, sérigraphies avec une technique à l’or qu’il met au point dans les ateliers de Circle Fine Art aux Etats-Unis. Lebadang a pour principal collaborateur l’artiste et graveur Bernard Rémusat qui travaille aussi pour César, Arman et Tobiasse.

Les premiers travaux en relief remontent à l’année 1964 où Lebadang publie son premier portfolio en relief sans encres ni couleurs Huit chevaux d’après des poèmes et des calligraphies de Chou Ling. Il commence à développer cette technique à partir d’une plaque de bois recouverte de plâtre qu’il façonne à la main en creusant et évidant la surface pour avoir une impression en creux. Cette technique assez fragile apporte un trait assez grossier et un ensemble un peu mou. Ce n’est que le début d’une technique qu’il développera et affinera par la suite avec d’autres matériaux.

LEBADANG, « Huit chevaux », 1964, reliefs sur papier. 64,5 x 32,5 cm (détail). Photo Luc HO.

Lebadang produira des petites plaques (souvent des personnages ou des paysages) qu’il insérera dans ses premières lithographies et gravures en jouant sur l’épaisseur ou la texture du papier (papier Japon, papier double couche…).

LEBADANG, « Personnages », Eau-forte, reliefs et poinçon d’or sur papier. 35 x 25 cm (détail des reliefs). Photo : Luc HO.

Par la suite, il utilisera du plexiglas, du zinc et de l’acier, de la résine polyester, de la colle pour carrelage et des matériaux composites comme les résines epoxy pour modelage et moulage ou les résines acryliques. Matériaux qu’il creusera, perforera et usinera au papier abrasif, à la ponceuse et à la fraiseuse. Il se sert alors d’un flexible avec un mini mandrin porte-outils pour des fraiseuses, des meuleuses et des ponceuses diverses, pour sculpter et usiner, et créer une surface avec une matière riche et complexe.

LEBADANG, « Personnages », Eau-forte, reliefs et poinçon d’or sur papier. 35 x 25 cm (détail des plaques de fer). Photo : Luc HO.
LEBADANG, plaque originale, colle à carrelage, 18,5 x 17 cm. Photo : Luc HO.
LEBADANG, plaque originale, résine polyester. Photo : Luc HO.

L’artiste utilisera aussi des plaques d’acier et de zinc beaucoup plus épaisses dont le dessin sera creusé à l’acide (le perchlorure de fer a une attaque en profondeur, plus lente que l’acide nitrique et qui produit un trait net). Il les disposera sur la presse en créant, ainsi, une composition à partir d’une eau-forte, d’une gravure-relief ou d’une lithographie.

Presse, atelier de Mougins. Photo : Bernard Rémusat.

Dans ses Espaces, il incorporera certains fragments de gravure-relief ou d’eau-forte qu’il rehaussera d’aquarelle ou d’acrylique pour créer des paysages vus d’en haut. Il utilisera aussi beaucoup de fond texturé pour ses gravures reliefs et ses Espaces qui lui serviront de base de travail.

LEBADANG, « Espace », gravure-relief, aquarelle et papier sur papier. E.A 6/20. 50 x 27 cm (détail de la gravure-relief). Photo : Luc HO.

Les Espaces sont des œuvres en papier qui combinent plusieurs techniques par collage et superposition, entre sculptures et bas-reliefs, comme une synthèse et un dépassement de ces deux formes d’expression. Lebadang utilise un papier pur chiffon fait main qu’il fait fabriquer en Dordogne, un papier très épais qu’il déchire à la main et colle par strates superposées jusqu’à obtenir une sorte de paysage en relief, un paysage vu du ciel. Les premiers Espaces sont monochromes, blancs ou noirs. Par la suite, il insérera des « morceaux » de gravures ou des gravures-reliefs avec des fonds texturés créant ainsi des œuvres hybrides plus complexes.

LEBADANG, "Comédie Humaine #1", lithographie et reliefs sur papier, 60 x 60 cm. Myshu Lebadang, Paris, France. © Luc HO.
LEBADANG, « Comédie Humaine #1 », lithographie et reliefs sur papier, 60 x 60 cm. Photo : Luc HO.

Dans le domaine de l’estampe, Lebadang aura sans cesse inventé de nouvelles techniques et de nouvelles formes d’expression dont le travail sur le relief et la texture. Un travail très novateur qu’il n’aura de cesse d’expérimenter et de poursuivre tout le long de sa carrière.

Luc HO
12-13 août 2019